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vendredi 16 juin 2017

Agroécologie : Former les maraîchers d'aujourd'hui et de demain

Entretien avec Walid CHOUCAIR : formateur en maraichage


"Après un parcours professionnel diversifié en maraîchage et en floriculture, j’ai intégré le CFPPA des Pays d’Aude en 2011 en tant que formateur spécialisé sur la taille des arbres et arbustes, la conduite d’un potager biologique et la maîtrise des méthodes alternatives aux produits phytosanitaires.

Dans le cadre de nos formations courtes, j’interviens auprès des agents des collectivités territoriales mais aussi auprès de la Régie de Quartier pour mener mes stagiaires vers l’obtention du certiphyto en leur donnant les bases d’une utilisation sécurisée des produits chimiques tout en diffusant les pratiques alternatives. J’ai également mis en place des formations sur la taille raisonnée des arbres et arbustes. Qu’il s’agisse de taille de formation, de taille d’entretien ou de floraison, il est essentiel de connaitre le mode de croissance de l’arbre et son cycle de développement pour travailler avec le végétal et non contre lui.

En maraîchage, sur les formations longues nous mettons l’accent sur la pratique et l’expérimentation. Grâce à notre partenariat avec l’association Kokopeli, nos futurs ouvriers maraîchers ont pu semer dans les serres du lycée un large panel de variétés anciennes de légumes (tomates, pommes de terre et oignons…) L’espace test Graines de Paysans nous a mis à disposition une parcelle de 2500 m3 en culture biologique afin de permettre à nos stagiaires d’apprendre en faisant. Dernièrement nous avons planté 160 pieds de tomates comprenant une vingtaine d’espèces. Dans une optique d’économie de la ressource en eau, nous avons équipé nos cultures d’un paillage synthétique sous lequel court un système d’arrosage en goutte à goutte. Ces cultures maraichères sont conduites en bio et représentent un véritable projet collectif. A tour de rôle, les stagiaires viennent effectuer le désherbage, l’attachage, la taille et la récolte mais aussi la surveillance des plants pour savoir quand agir. Les solutions préventives envisagées sont le purin d’ortie et la pose de pièges à phéromones pour lutter contre la pyrale du buis. En cas d’infestation, pour protèger les oliviers de la parcelles nos stagiaires sont prêts à utiliser l’argile blanche micronisée et sont formés aux techniques de biocontrôle (utilisation du Bacillus Thuringiensis contre la pyrale du buis)

Enfin, la sensibilisation de publics variés est une mission importante pour nous, qu’il s’agisse des écoliers ou des jardiniers amateurs, nous effectuons de nombreuses animations où nous privilégions des ateliers ludiques sur la connaissance du sol ou la construction d’abris à insectes pour leur apprendre à « jardiner le naturel ». "

vendredi 9 juin 2017

Agroécologie : Former les viticulteurs d'aujourd'hui et de demain


Entretien avec Caroline SANGOUARD : formatrice en viticulture.


"Dés 2010 le CFPPA des Pays d’Aude a participé à la mise en place de la phase expérimentale des certiphytos agricoles. Depuis, des centaines d’agriculteurs en particulier viticulteurs ont pu acquérir leur certificat grâce à mes interventions aussi bien en centre que dans les caves coopératives. Cela fait donc 7 ans déjà que nous nous impliquons dans la vie agricole de notre département, tant en formant nos agriculteurs pour sécuriser l’utilisation des pesticides que pour leur amener des solutions alternatives vers une réduction des intrants. Nous mettons également en œuvre pour les salariés viticoles des journées de formation pour découvrir les nouvelles techniques en matière d’agroécologie.

La viticulture dans notre département est en mutation, le nombre d’exploitations en conversion bio est croissant et de plus en plus de viticulteurs se sentent concernés par le respect de l’environnement. Notre centre de formation étant étroitement lié au monde professionnel, il est impossible de faire abstraction de ce besoin d’apprendre à produire autrement.

Dans nos formations longues visant à former les viticulteurs de demain, nous faisons un parallèle entre les exploitations conventionnelles et les exploitations bio et abordons de pair toutes les techniques utilisables en agroécologie qu’il s’agisse d’agroforesterie, de confusion sexuelle, de gestion du sol, d’enherbement et de sélection de cépages résistants adaptés à la pression parasitaire.

Cette approche de terrain se traduit d’un point de vue pratique par des sorties pédagogiques diverses (visite de fournisseurs de matières organiques, pose de diffuseur de confusion sexuelle, découverte de l’agroforesterie avec nos futurs ouvriers viti-vinicoles, ou dégustation de cépages tolérants avec nos futurs viticulteurs).

Toujours dans un souci d’ouverture et d’innovation, nous sommes en partenariat avec le domaine expérimental de Cazes de la Chambre d’agriculture de l’Aude. Cela nous permet de montrer à nos stagiaires les différents essais sur un vignoble, les mesures de sécurité environnementale et les dispositifs qui pourraient être mis en place dans les années à venir."




mardi 28 février 2017

Api-Day : l'abeille fait le buzz au lycée Charlemagne

Que vous soyez déjà installé en agriculture, porteur d'un projet d'installation agricole ou tout simplement passionné par l'apiculture, le CFPPA des Pays d'Aude, en partenariat avec la Chambre d'Agriculture, le CFPPA d'Auterive, le Rucher Ecole et la DDTM vous invite à sa table ronde :

API-DAY : une journée pour un apiculture viable et durable.
le 20 mars 2017 au lycée Charlemagne
de 14h30 à 17h30


L'apiculture est essentielle en tant qu'activité économique productrice de miel, mais aussi en tant que facteur du développement rural et de l'équilibre écologique pour notre région.

Pourtant, depuis plusieurs années, la filière apicole est confrontée à de nombreuses difficultés multifactorielles parmi lesquelles, notamment, la mortalité accrue du cheptel et l’affaiblissement des colonies.

2016 a été une année des plus mortifères pour les ruches. On comptabilise en France une baisse de 60 à 80 % de la production par rapport à 2015 et plusieurs types de miel sont absents des rayonnages. Une baisse due aux aléas climatiques, aux pratiques agronomiques mais aussi aux maladies et à la prédation du frelon.

La table ronde Api-Day souhaite dresser un état des lieux de la filière et de ses besoins afin d'accompagner les professionnels mais aussi les amateurs ou les pluri-actifs à faire le point sur les bonnes pratiques pour mieux répondre aux enjeux économiques et environnementaux et assurer la protection de leurs ruches et la valorisation de leurs produits.

Au programme :

  • Un état des lieux de la filière apicole avec données statistiques à l'appui.
  • Des témoignages pour mieux appréhender les enjeux économiques et environnementaux pour l'apiculture.
  • Une approche systémique de la production mellifère afin de comprendre et faire face aux contraintes pour l'abeille et mettre un frein aux pertes de cheptel
  • Un panorama des politiques publiques en matière de réglementation de la profession et de la filière et des aides existantes.
  • L'entrée est gratuite et ouverte à tous.

mercredi 17 février 2016

Zéro Phyto : Des solutions d'accompagnement




Si le passage au Zero-phyto dans les zones non agricoles est l’affaire de tous, les mairies et les agents des espaces verts sont en première ligne pour mettre en application le plan Ecophyto II et protéger la santé publique, la biodiversité mais aussi la qualité de l’eau et du sol. Dans cette optique, il est primordial pour les collectivités territoriales de prendre conscience qu’elles ne sont pas seules pour opérer ce grand changement. 

 


Mutualiser l'effort financier

Pour élaborer un Plan d’Amélioration des Pratiques Phytosanitaires et Horticoles (PAPPH), les communes peuvent se tourner vers des cabinets d’études afin de ne pas commettre d’impair. Evidemment cela a un coût : pour une commune d’environ 10 000 habitants, il faut compter 10 000 euros.

Ce lourd investissement peut être allégé par la réalisation d’un PAPPH intercommunal qui n’en sera que plus cohérent dans le temps et l’espace. Cette mutualisation pourra aussi se retrouver dans les achats de matériels de désherbage alternatif et l’organisation du travail.



Des idées et des aides au Conseil Général Départemental

Les communes qui le souhaitent peuvent aussi faire une demande de subventions pour leur démarche vers le zéro-phyto auprès du Conseil Général de l’Aude très actif dans le développement durable et la protection de la biodiversité dans notre département.

Profitez-en pour visiter La Carrière des plantes sur le parvis de l’Hôtel du Département. Vous y puiserez des solutions durables et économes d’aménagements paysagers à base de plantes grasses et de paillages minéraux issus de producteurs locaux.



La formation : support de votre développement durable

Comme l’a souligné Mr Dalbin du Res’eau, les filières de production s’intéressent de plus en plus à la pollution diffuse. On parle aujourd’hui plus volontiers d’agro-écologie que d’agriculture. L’enseignement agricole est présent sur le terrain et va à la rencontre des acteurs du zéro-phyto pour développer avec eux des partenariats.

Le CFPPA des Pays d’Aude collabore avec les communes par le biais de chantiers écoles notamment dans le cadre de la formation au CAPA jardinier paysagiste. Un partenariat ou chacun est gagnant puisque nos stagiaires profitent d’un enseignement pratique complet sur le terrain pour des municipalités qui bénéficient d’un nouvel aménagement paysager esthétique mais économe en tous points.

Avec le réseau des CFPPA de la Région nous développons aussi depuis plusieurs années des formations courtes à destination des agents des espaces verts proposées notamment dans le catalogue du CNFPT



Une nouveauté 100% développement durable


Engagé depuis plusieurs années dans la protection de la biodiversité auprès des professionnels et des particuliers, le CFPPA des Pays d’Aude est conscient que réduire son utilisation des produits phytosanitaires demande de nouvelles compétences spécifiques aussi bien en agriculture qu’en travaux paysagers. Cette obligation interroge aussi la gestion des ressources humaines pour des collectivités qui n’ont pas forcément les moyens financiers de recruter de nouveaux agents. C’est pourquoi, l’accent est mis sur la pluri-compétences afin de favoriser le partage des emplois au sein par exemple de groupements d’employeurs ou de collectivités.

Pour accompagner au mieux les acteurs vers ce changement, nous proposons une nouvelle formation sur mesure.

« Jardinons et cultivons autrement vers le zéro-phyto et la gestion raisonnée de l’eau » a pour objectif de donner aux exploitants agricoles ainsi qu’aux salariés des espaces verts et aux demandeurs d’emploi une vision globale des enjeux et des pratiques du développement durable.

Basée sur 5 thématiques fortes allant de la compréhension des écosystèmes jusqu'à la communication des nouvelles pratiques vers différents publics, cette formation est vraiment innovante dans le sens où c’est à vous de choisir les compétences dont vous avez besoin parmi une carte de 20 modules de 35h. 


vendredi 30 octobre 2015

Oeuvrer pour la biodiversité au quotidien

A l'occasion des 3emes Rencontres Naturalistes de l'Aude qui se dérouleront les 14 et 15 novembre 2015 au Lycée Charlemagne, nous revenons sur les actions menées en faveur de la biodiversité au sein de l'EPLEFPA de Carcassonne.

L'éducation au développement durable et à la préservation de l'environnement sont des notions clés de l'enseignement agricole et chaque entité de l'EPLEFPA dont le CFPPA des Pays d'Aude fait partie, s'applique à transmettre ces valeurs aux futurs acteurs du monde agricole aussi bien dans les classes qu'en pratique sur l'exploitation du lycée Charlemagne par des actions concrètes mobilisant aussi bien les équipes pédagogiques que les jeunes. 

 


Un inventaire annuel pour veiller à la biodiversité


Chaque année depuis 8 ans, les élèves du BTS Gestion et Protection de la Nature partent en mission sur les terres de l'exploitation pédagogique du lycée Charlemagne.

Équipés de jumelles et d'un guide de reconnaissance nos jeunes protecteurs de la biodiversité menés par leur professeur Mr Christian Rapez répertorient la faune ornithologique selon un protocole validé par la Ligue de Protection des Oiseaux. Les oreilles aux aguets et le nez vers le ciel, ils reportent sur une carte leurs observations.

Cela permet, en utilisant l'Indice Kilométrique d'Abondance de mesurer la densité de la population d'oiseaux sur l'exploitation.

Depuis 2011, ce travail de recensement est aussi effectué pour les orchidées sauvages. Le département de l'Aude est l'un des plus riches en la matière avec un total de 87 espèces et sous-espèces répertoriées. Au gré des années, cela nous a permis de référencer 25 espèces d'orchidées sur l'exploitation du Lycée agricole !

Ophrys insectifera et apifera, Anacamptis Pyramidalis, Orchys bouc et autres sérapias parsemaient les champs en dépit d'un inventaire 2015 un peu tardif. L'opération se déroulant fin mai, nous n'avons pu observer majoritairement que des fleurs en fin de cycle et beaucoup d'entre elles n'étaient plus au rendez-vous car l'orchidée sauvage est une fleur printanière.


Ce recensement annuel des oiseaux et des orchidées permettra à long terme de tirer des conclusions sur la façon dont les pratiques culturales impactent la biodiversité au gré des expérimentations menées sur l'exploitation agricole aussi bien sur les parcelles de grandes cultures que sur le vignoble (réduction des intrants, agriculture raisonnée, conversion en agriculture biologique )

Pour le moment, nous n'avons pas encore assez de recul notamment pour la partie de l'exploitation convertie en bio courant 2014. Cependant, il a été observé que les populations d'oiseaux et d'orchidées sont stables ce qui est une excellente nouvelle pour la biodiversité !

vendredi 5 juin 2015

Nos futurs agriculteurs à la découverte de la biodynamie

C'est au Domaine des Monts et Merveilles que nos futurs exploitants agricoles du BPREA sont partis apprendre à produire autrement sous la houlette de leur formatrice en agronomie Christiane Cathala.


Le maître des lieux Julien Audard était très heureux de nous recevoir dans son domaine niché à 450 m d’altitude au milieu des forêts de chênes et autres feuillus du haut Minervois. Son exploitation n’est pas très grande : 4ha 50 de vignes réparties en 5 parcelles plantées principalement en Syrah, Grenache Noir et Carignan

Installé depuis 3 ans en biodynamie , cet ancien œnologue nous raconte son parcours et nous explique les réflexions qui l’ont amené à s’installer en biodynamie. Pour Mr Audard, un sol sain et riche en biomasse génère une culture saine et plus résistante aux maladies. Contrairement à la viticulture conventionnelle qui se focalise sur les parties aériennes du vignoble, au Domaine des Monts et Merveilles on privilégie la qualité de la vie souterraine.

Julien Audard nous explique aussi les avantages de la situation de ses parcelles dissimulées dans leur écrin de verdure pour maintenir une biodiversité très favorable à la maitrise des ravageurs. Pour veiller à cet équilibre naturel, Mr Audard a même installé autour d’une parcelle des nichoirs pour favoriser la présence des chauve-souris. Le site serait même le plus grand réservoir de chauves-souris du Languedoc.

Il prend beaucoup de temps pour nous expliquer l’importance de la vie du sol , qu’il travaille seulement deux fois par an pour éviter le tassement. Il souligne aussi l’importance de l’herbe dans une parcelle qui améliore la structure et freine l’érosion du sol. Cette végétation selon son type et son abondance est d'ailleurs un excellent indicateur des carences, baisses de fertilité ou variations de pH .

Il nous précise que le respect du calendrier lunaire est difficile mais qu’il fait attention à la progression de la lune, montante ou descendante, pour effectuer ses travaux


Après la taille qu'il préfère effectuer en février et qu'il fait le plus court possible afin d'éviter au maximum les maladies du bois, Julien Audard badigeonne les plaies avec une mixture à base de bouse de vache , de plante , d’argile et de propolis. Ce soin a pour effet d'aider à la cicatrisation mais  aussi de fortifier le cep

Contrairement à ce que nous essayons d’inculquer à nos apprenants, il ne broie pas les sarments pour les enfouir, mais il les enlève de la parcelle pour les broyer et les composter.

Notre viticulteur n'utilise que des préparations qu’il fait lui-même à base de prêle, d’ortie, de silice, d’argile et de propolis pour stimuler la vigne et la rendre plus résistante aux maladies et ravageurs. Il utilise le soufre volcanique sublimé pour lutter contre l’oïdium . Il ne fait en tout que 3 ou 4 traitements par an.

Mr Audart ne demande plus la certification écocert car il juge que la contrôle est trop administratif et pas assez de terrain. A partir de là il ne peut pas demander la certification Demeter car les deux certifications sont liées.

lundi 23 mars 2015

Apprendre de chez soi à réduire sa consommation de produits phytosanitaires


D'après le rapport de Mr Dominique Pottier "Pesticides et agro-écologie : les champs du possible" il apparaît que le plan ecophyto lancé en 2008 n'a pas eu les résultats escomptés concernant la réduction des produits phytosanitaires. Cependant, même si les objectifs ont été revus à la baisse, le Ministère de l'Agriculture n'abandonne pas.

Pour ce faire, Mr Pottier mise sur le renouvellement de l'agroéquipement mais aussi sur la diffusion des pratiques alternatives notamment pas le biais d'un accompagnement des acteurs (agriculteurs, travaux paysagers, conseil et vente de produits phytosanitaires) mais aussi sur la mise en circulation du Certificat d'Economie des Produits Phytosanitaires.


Photo : ©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Pour permettre d'atteindre ces objectifs, le CFPPA des Pays d'Aude continue de proposer la formation du Certiphyto pour chaque catégorie d'utilisateurs mais innove en proposant ces actions en Formation Ouverte A Distance.

Car le rôle des vendeurs est essentiel quant au choix et à la fréquence d'utilisation des pesticides, le CFPPA des Pays d'Aude a choisi d'inaugurer ce dispositif innovant sur la catégorie Conseil qui se déroulera du 24 mars au 10 avril. 

  • Le 24  mars Mme Caroline Sangouard, coordinatrice de la formation accueillera les stagiaires pour leur présenter le dispositif ainsi que la plateforme EPHY sur laquelle ils devront se rendre pour travailler en autonomie pendant 15 jours par le biais de guides d'activités à remplir.
  • Durant leur parcours en autonomie, les participants bénéficieront de deux rendez-vous téléphoniques avec la formatrice afin de vérifier leur avancement et répondre à leurs questions.
  • Le 10 avril, les stagiaires se retrouveront dans les locaux du CFPPA pour finaliser la formation. 
Pour le moment, si aucune évaluation n'est prévue la formatrice s'assurera des acquis des stagiaires en reprenant avec eux les guides d'activités et les QCM en ligne complétés durant la phase de travail à distance en vue de l'obtention de l'attestation avec laquelle il pourront demander leur certificat auprès de la DRAAF via le site Mon service public.fr

jeudi 5 février 2015

Découverte grandeur nature d'exploitations agricoles pour nos BPREA

Car l'échange avec les professionnels est important pour se forger une image juste de son futur métier, les BPREA sont partis à la rencontre de 3 exploitants agricoles afin de mieux appréhender l'organisation d'une exploitation et la commercialisation des produits. Aujourd'hui, focus sur l'exploitation de Mr Xavier Picot éleveur ovin.

 


Xavier Picot : Un éleveur en liberté

 

Mr Xavier Picot est installé sur Saissac depuis 30 ans en tant qu'éleveur ovin. Aujourd'hui, à la tête d'une exploitation de 200 ha pour 650 têtes, cet « irréductible indépendant » comme il aime se qualifier, a opté pour un élevage extensif et une commercialisation de sa viande en vente directe. En relation avec le BioCIVAM, Mr Picot s'inscrit dans la démarche d'agriculture raisonnée en moyenne montagne. Délégant le découpage et le moissonnage de ses terres, il garde cependant une pleine maîtrise de la chaîne de production et sa distribution.

L'agriculture une affaire de famille

 

Fils d'éleveur, Mr Picot a obtenu un BTS production animale à La Raque après un bac S. Son diplôme en poche, il s'installe sur les 70 ha de l'exploitation familiale avec un cheptel de 500 têtes. Basé sur un modèle intensif au départ, Mr Picot à peu à peu augmenté la surface de son exploitation par l'acquisition et le fermage. Pour ce faire, il créé un Groupement Foncier Agricole dont il reste l'actionnaire majoritaire. Son troupeau compte aujourd'hui 650 têtes et il n'a pas l'intention d'aller au-delà car il s'est orienté depuis 1999 vers un élevage de type extensif. Son fils, ancien élève du Lycée Charlemagne travaille à 50 % sur l'exploitation afin notamment de faire l'entretien de l'agroéquipement de l'exploitation.


Une agriculture raisonnée pour une qualité de viande constante 


Le cheptel est composé de Suffolk, de Limousine et de Blanche du Massif Central. Ces 3 races présentent des qualités de rusticité, d'adaptation et surtout de prolificité qui permettent à Mr Picot d'avoir deux périodes d'agnelage par an. Sur les 550 agneaux commercialisé par an, 2/3 naissent entre janvier et décembre, tandis que le dernier tiers naît d'avril à juillet.
Parce que l'alimentation est déterminante pour le goût de la viande, surtout les 2 dernier mois d'engraissement des agneaux, Mr Picot produit à 95 % la nourriture de son troupeau. Au vu de la quantité de nourriture produite notre éleveur aurait la capacité de doubler son cheptel mais ce n'est pas son but. Il vend donc son surplus de céréales.
Il doit acheter cependant quelques tonnes de compléments alimentaires afin d'assurer l'apport en protéine nécessaire aux agneaux lors de la transition du lait aux céréales.
Ne pratiquant ni l'estive, ni le gardiennage Mr Picot a divisé ses 150 hectares de prairie en 3 îlots de 50 hectares où les bêtes vont paître d'avril à décembre. En hiver, le troupeau regagne la bergerie pour être nourri avec sa production céréalières (avoine, orge, triticale). N'utilisant que le fumier de ses moutons pour apporter l'azote nécessaire à ses parcelles de céréales, le cahier des charges de l'exploitation répond à 95 % aux critères de production bio. Cependant, Mr Picot préfère là encore son indépendance. Produire avec le label bio est selon lui trop contraignant et cela l'obligerait à vendre ses produits plus chers.
Pour garantir une qualité gustative stable, Mr Picot rationne l'apport de céréales des agneaux jusqu'à 6 ou 7 mois quant aux mâles dont le goût de la viande est plus fort, ils sont abattus dés 3 mois.


L'indépendance : une question d'organisation


Mr Picot travaille majoritairement seul, il délègue cependant certaines tâches. La tonte est effectuée par un tiers début septembre. La toison des moutons sert d'isolation thermique mais c'est aussi un excellent rempart contre les parasites lorsque le troupeau est en plein air. Une fois la laine vendue la tonte ne lui revient qu'à 0,50 euro par tête.
Mr Picot n'est pas affilié à la CUMA. Il a préféré s'équiper de matériel agricole d'occasion et laisse à son fils le soin d'assurer l'entretien des machines. Il pense d'ailleurs investir d'ici peu dans une moissonneuse pour réaliser lui-même la moisson.
Dans un souci de qualité mais aussi d'économie, Mr Picot n'est pas équipé de chambre froide. L'abattage se fait au gré des commandes et la viande est préparée par un atelier de découpe. Il récupère ensuite la viande conditionnée en caissettes dans ses camions frigorifiques et part directement en faire la livraison tandis que son fils veille sur le troupeau pendant son absence.


Directement du producteur au consommateur

 

Fort de sa connaissance du territoire, Mr Picot décide à partir de 2008 de pratiquer la vente directe. Ne plus passer par les coopératives lui permet d'afficher des tarifs fixes et plus intéressants pour lui comme pour sa clientèle. Au début ce fut auprès de son large entourage et par le bouche à oreille qu'il écoule sa production. Il s'est équipé ensuite d'un site internet où les clients peuvent passer commandes. Mr Picot ne travaille qu'avec les particuliers et effectue une quarantaine de livraisons par an dans un rayons de 50 000 km uniquement les vendredis. En moyenne, il passe 3 heures par semaine pour trier ses commandes afin d'en optimiser la distribution.
La connaissance des habitudes de la clientèle est nécessaire pour faire les relances au moment opportun.
La grande transparence vis à vis du client est une des clés majeures de la vente directe. Ainsi, il participe à l'opération De ferme en ferme pour faire connaître son exploitation et ses pratiques au public. Cet année fut pour lui une réussite puisque 1500 personnes sont venues visiter son exploitation et déguster ses produits. Même si il n'effectue aucun démarchage puisque sa clientèle est fidélisée grâce à la qualité de ses produits cet événement est une occasion de trouver de nouveaux prospects dans un cadre chaleureux et décontracté.




jeudi 20 novembre 2014

Carcassonne : Nos BPREA en visite chez l'élevage de Mr Jean-Pierre Pautou

Encadrés par leurs formateurs, nos stagiaires de BPREA sont partis à la rencontre de 3 exploitants agricoles afin de mieux appréhender l'organisation d'une exploitation et la commercialisation des produits. Aujourd'hui, focus sur l'exploitation de Mr Jean-Pierre Pautou éleveur ovin.

Jean Pierre Pautou : protecteur de la biodiversité


Après avoir fait le tour de l'exploitation maraîchère d'Emile Pautou, nous avons rencontré son père, éleveur ovin afin qu'il partage son expérience avec nos apprenants.

Installé depuis 1981, Mr Pautoux père a créé son exploitation de A à Z, avec toujours en tête le respect de l'environnement et de la biodiversité. Même si aujourd'hui Jean-Pierre Pautou ne produit plus en agriculture biologique dont il trouve la réglementation trop fastidieuse, il nous explique cependant que ses bêtes et les 70 hectares de bois et de prés qui les nourrissent presque en totalité sont élevés en bio.

Un troupeau rustique et local

 

Le cheptel de 400 têtes présente deux races locales :

La Tarasconnaise race avec laquelle Mr Pautou a commencé sa production, est d'une grande rusticité. Cela lui permet une bonne adaptation à la transhumance et aux variations du climats et des ressources fourragères. Majoritairement représentée dans les Pyrénées Centrales (Ariège, Hautes Pyrénées) la Tarasconnaise montre une bonne aptitude au dessaisonnement, aspect plutôt rare chez les races de montage. Cela permet entre autre, un agnelage étalé. Chez Mr Pautou l'agnelage se fait de juillet à août.

La Montagne Noire, deuxième race composant le cheptel est native des contreforts du massif central. Cependant, au fil du temps et des sélections, elle est devenue essentiellement Pyrénéenne. La race a failli disparaître car elle est majoritairement utilisée pour le croisement terminal avec les autres race locales notamment la Tarasconnaise pour améliorer les produits de la brebis. C'est d'ailleurs au hasard d'une vente de bélier que Mr Pautou père à découvert la Montagne Noire. En dépit de sa grande rusticité, la Montagne Noire ne se prête pas à la transhumance, ce qui explique pourquoi le troupeau de Mr Pautou est exclusivement élevé en parc. Plus petite et plus ronde que la Tarasconnaise, la Montagne Noire est particulièrement bien cotée en boucherie. Enfin, l'engraissement des agneaux est très rapide lorsque les conditions d'élevage sont bonnes.


Produire en respectant l'environnement 

 

Mr Pautou est à la tête de 70 ha de prés et de bois. Cette surface est divisées en plusieurs Natura 2000. Ce réseau écologique répertorie les sites naturels identifiés pour la rareté ou la fragilité de certains éléments du patrimoine naturel tout en tenant compte des réalités économiques, sociales et culturelles.
parcelles, certaines sont utilisées pour la production de foin pour nourrir le troupeau dans les 600 m³ de bergerie durant l'hiver. Dés le printemps, les moutons pâturent en liberté. Pendant la période hivernale, notre éleveur doit compléter l'alimentation avec du grain pour les brebis et des compléments pour les agneaux. Jean-Pierre Pautou n'utilise pas d'engrais sur si ses parcelles de foins et encore moins sur ses parcelles de pâturage. Il œuvre pour la protection de la flore locale et travaille d'ailleurs avec le Jardin des plantes de Montpellier pour la conservation de la biodiversité botanique. Depuis peu, il est en relation avec l'Inventaire National du Patrimoine Naturel afin de faire entrer sa propriété dans le réseau


La commercialisation : faire au plus simple 

 

Pour Mr Jean-Pierre Pautou, la commercialisation des produits passe en quelques sortes au second plan. Contrairement à son fils, Mr Pautou ne fait pas de vente directe et n'a donc aucune stratégie de communication et de distribution particulière. Pour gagner en temps et en simplicité, il vend ses bêtes par le biais d'une coopérative agricole cela lui laisse ainsi le temps de travailler avec les structures de protection de la biodiversité locale.

lundi 7 juillet 2014

Le Certiphyto : Un passeport pour l'utilisation des produits phytosanitaires

A partir du 1er octobre, la détention d'un Certificat individuel professionnel pour acheter, conserver et utiliser les produits phytosanitaires sera obligatoire. Cela n'est pas l'affaire seulement des travailleurs agricoles. Les agents des collectivités territoriales s'occupant des espaces verts sont aussi concernés par cette mesure. En accord avec le Plan Ecophyto 2018, le CFPPA des Pays d'Aude a développé des formations Certiphyto spécifiques pour les agents d'entretiens des espaces verts du CNFPT.

jeudi 10 octobre 2013

Jardinez le naturel

Nous étions un peu tristes de la fin de l’action « Jardiner Bio chez soi » qui a permis de former plus d’une centaine de jardiniers amateurs en 2011 et en 2012. 

Avec le CFPPA de l’Hérault et Catherine Belouet, l’animatrice du réseau des CFPPA et des CFAA de Languedoc-Roussillon, nous avons donc décidé de guetter les appels à projets qui nous permettraient de poursuivre l’action.Nous avons été retenus par la Chambre Régionale d’Agriculture et la DRAAF pour organiser trois journées d’information auprès de la population sur le jardinage amateur respectueux de l’environnement et de la ressource en eau, à Carcassonne, à Narbonne et à Saint Jean de Védas. 








 Avec le Comité de Pilotage, réunissant des représentants des collectivités territoriales, des associations de jardiniers et des organismes intéressés par le sujet, il a été décidé de rajouter une journée destinée aux écoles de Carcassonne et Saint Jean de Védas.

Le 23 et 24 novembre à la Médiathèque Grain d’Aile de Carcassonne, à 7 décembre au Centre Pierre Reverdy de Narbonne et les 13 et 14 décembre à la médiathèque de Saint Jean de Védas, enseignants, écoliers et grand public, ont participé à des ateliers autour de la biodiversité, des associations de plantes et bénéficier de nombreux conseils pratiques. Une table ronde était organisée sur la préservation de la ressource en eau.
Philippe Bambust du CFPPA de l’Hérault est venu avec des spécimens de lombrics impressionnant, son collègue, Michel Valantin avec son bar à décoctions. Isabelle de Borniol a raconté aux élèves comment associer des plantes pour lutter contre les adventices et les ravageurs et Walid Choucair a animé un atelier de fabrication d’abris à insectes. Tous ensemble, il ont conçu un guide distribué aux visiteurs et qui sera prochainement disponible en ligne.

Pour poursuivre le projet, nous attendons la réponse de l’Agence de l’Eau sur un dossier conçu et déposé en réseau.




jeudi 3 octobre 2013

Jardiner bio, c'est Jardiner le Naturel

Par le biais de l'action Jardiner Bio, les CFPPA de l’Hérault et des Pays d’Aude avaient sensibilisé et formé durant deux ans plus de deux cents jardiniers sur leur territoire pour les accompagner dans des changements de pratiques plus respectueuses de la ressource en eau.


Les deux CFPPA ont décidé de mutualiser leur expérience et d’imaginer d’autres façons de toucher le grand public sur le thème « JARDINEZ LE NATUREL »

Ces journées sont conçues autour de plusieurs temps forts :
  • une demi-journée consacrée aux élèves des écoles avec des ateliers de pratique, des jeux et une exposition pédagogiques

  • une journée ouverte au grand public reprenant les jeux, l’exposition et les ateliers, complétés par des conférences. Les conférences associeront les acteurs publics locaux pour sensibiliser sur l’état qualitatif et quantitatif de la ressource en eau et mettre l’accent sur le rôle de chacun pour améliorer cet état.
A Carcassonne, la manifestation se déroulera les 22 et 23 novembre 2013 à la médiathèque Graine d’Aile, à Narbonne, le 13 et 14 décembre 2013 dans les Jardins du Cheminot et à Montpellier les 6 et 7 décembre 2013.