mardi 9 février 2016

Zero Phyto : Une conception durable des aménagements




L’innovation technique et agronomique au service de la diversité des espaces verts


Ne plus utiliser les désherbants antigerminatifs va augmenter sensiblement les coûts financiers et le temps de travail des agents. En dépit de l’interdiction imminente des produits phytosanitaires dans l’entretien des espaces verts, beaucoup de municipalités hésitent encore à franchir le pas, le plus souvent par manque d’information sur les solutions techniques et agronomiques existantes permettant de diminuer le temps et la pénibilité du travail

 

Si la gestion différenciée des espaces verts permet de diminuer le temps homme tout en offrant des milieux propices à la biodiversité elle n'est pas la seule mesure à prendre lors d'un passage au Zérophyto.



Un rond-point économe en entretien réalisé pour la Mairie de Fleury d'Aude par les apprenants du CAPA Jardinier-Paysagiste
Depuis 2014, le Conseil Général de l’Aude n’utilise plus de produits phytosanitaires pour entretenir les ilots routiers du département. Cette évolution des pratiques a demandé de changer la conception des aménagements. 

Réalisation de nos stagiaires du CAPA Jardinier-Paysagiste
Il faut  penser les structures autrement en terme de revêtement pour qu’elles ne demandent qu’un minimum d’entretien comme c’est le cas avec les enrobés colorés. Pour minimiser les besoins en désherbage et contenir l’expansion des végétaux par la suite, il est conseillé d’entourer les zones de verdure d’une bordure de 15 cm de haut mais aussi de bétonner les pieds des panneaux de signalisation routière.

Car la nature a horreur du vide, les espaces de terre à nue sont à proscrire absolument si l’on ne veut pas voir s’installer une flore non désirée. Il est conseillé d’utiliser des paillages, qu’ils soient végétaux, synthétiques ou minéraux, le résultat est à la hauteur et brise la monotonie du paysage urbain. Pour vous aider dans vos choix et trouver l’inspiration, un tour au Jardin des carrières sur le parvis de l’Hôtel du Conseil Général de l’Aude vous permettra de découvrir la production de 24 carrières audoises. 

Les plantes méditerranéennes sont à privilégier dans les aménagements paysagers. Peu gourmandes en eau, elles sont véritablement adaptées au climat et au sol et ne demandent donc que peu d’entretien. Couplées avec des paillages et un système de goutte à goutte, elles constituent un jardin sec, esthétique mais aussi économique et respectueux de l’environnement. 

Les cimetières où le respect dû aux défunts implique un entretien accru restent souvent le point noir dans le PAPPH des communes. Outre une nécessaire communication vers les populations pour les encourager à changer leur regard sur la flore spontanée, il est possible de remplacer les allées gravillonnées et les inter-tombes où les engins de tonte et de désherbage ne peuvent passer par  du béton ou des enrobés. L’implantation de tapis végétaux (thym, sedum) dont la hauteur de pousse ne dépasse pas 5 cm peut aussi être envisagée. De même, l’enherbement peut se faire avec  de la jachère fleurie sur les zones moins fréquentées.  Cette verdure amène un côté naturel et apaisant à condition que la présence de l’herbe et sa hauteur soient comprises et validées avec la population et les agents par le biais d’espaces pilotes. 


vendredi 5 février 2016

Deux formations 100% nature bientôt à Limoux


Vous êtes conscient de la beauté des paysages de notre région et souhaitez les protéger et les valoriser?

Vous en avez assez des pesticides et vous souhaitez vous installer ou convertir votre exploitation en agriculture biologique?




Que vous soyez demandeur d’emploi inscrit à Pôle-Emploi, salarié ou exploitant agricole, le CFPPA des Pays d’Aude vous invite le mardi 9 Février 2016 à 14h dans ses locaux de Carcassonne pour une réunion d’information sur ses deux Certificats de Spécialisation qui ouvriront le 7 mars dans notre antenne de Limoux.

Le Certificat de Spécialisation « Tourisme vert, accueil et animation en milieux rural » à pour objectif de vous former à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une activité touristique dans le domaine de l’hébergement, la restauration, l’animation ou les sports de pleine nature.
Le Certificat de Spécialisation « Conduite de production en agriculture biologique et commercialisation » est une formation complète dont la finalité est de vous amener à maîtriser la conduite d'une exploitation en agriculture biologique de son élaboration à la commercialisation des produits.

Comme toujours les formations longues du CFPPA des Pays d’Aude misent sur l’alternance. Ainsi, en centre, vous allez acquérir la théorie sur la réglementation, la gestion et les productions de votre activité. Nos formateurs techniques seront aussi à vos côtés pour vous préparer à la mise en pratique lors des périodes de stage en entreprise.

Pour plus d’informations contactez notre Service d’Accompagnement Individualisé au 04 68 119 119.

vendredi 29 janvier 2016

Zero phyto : La gestion différenciée




L’innovation technique et agronomique au service de la diversité des espaces verts



Le fait de ne plus utiliser les désherbants antigerminatifs ne permettant qu’un seul passage annuel va augmenter sensiblement les coûts financiers et le temps de travail des agents. En dépit de l’interdiction imminente des produits phytosanitaires dans l’entretien des espaces verts, beaucoup de municipalités hésitent encore à franchir le pas, le plus souvent par manque d’information sur les solutions techniques et agronomiques existantes permettant de diminuer le temps et la pénibilité du travail. 

 

La gestion différenciée des espaces verts 



Schéma réalisé par la ville de Mouscron
La gestion différenciée des espaces verts encourage à ne pas tondre systématiquement toutes les surfaces enherbées de la même façon. D’une part selon le lieu c’est inutile mais d’autre part, cela engendre un seul et même milieu (pelouse rase) qui conduit à un appauvrissement de la biodiversité. Cette méthode est basée sur une gestion raisonnée des espaces végétalisés selon leur situation et leur utilisation.
Ainsi, les espaces moins fréquentés, aux sols plus fragiles, ou écologiquement précieux doivent être laissés à eux-mêmes ou fauchés afin d'y conserver des refuges pour la biodiversité. Il est aussi possible d’avoir ponctuellement recours à l’éco-pâturage comme à Narbonne et Aragon où ânes et chevaux sont devenus un bon complément au fauchage.


D’autres espaces comme les stades seront fréquemment tondus même si il est vivement conseillé d’y
améliorer la qualité du sol (amendements, scarification…) comme souhaite le faire la ville de Foix pour favoriser l’installation du gazon.

Cette gestion raisonnée demande au préalable de dresser un inventaire des zones traitées et des pratiques de désherbage en vue de mettre en œuvre un Plan d’Amélioration des Pratiques Phytosanitaires et Horticoles (PAPPH) cohérent. Outre un recensement des futurs besoins en termes d’équipements et de main d’œuvre, cela permet d’identifier les surfaces difficiles à désherber ainsi que les endroits présentant un risque de transfert accru des pesticides vers les points d’eau. Pour ce faire, la municipalité peut s’appuyer sur les connaissances et compétences des agents paysagers qui sont-eux mêmes sur le terrain au quotidien.

Retrouvez le dossier complet sur la journée Zéro-phyto


 

lundi 18 janvier 2016

Zéro-Phyto : Un plaidoyer pour les « mauvaises herbes »



Les mauvaises herbes ou adventices désignent pour les agriculteurs et les jardiniers, une plante qui pousse dans un endroit où on ne souhaite pas la voir se développer car elle risquerait d'entrer en concurrence avec les plantes cultivées. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

zero phyto, flore spontanée,
Pièce de l'exposition de l'Ortie

Au moyen âge on les nommait « Herbes au mal » car on les utilisait pour leurs propriétés médicinales. Cette locution s’est transformée en malesherbes (oui, comme le boulevard parisien dans le Monopoly). Au rythme du développement de la médecine chimique moderne et de l’agriculture conventionnelle, ce sens a lentement dérivé vers celui, moins flatteur que nous lui connaissons aujourd’hui,

Cette image faussée s’est d’autant plus encrée dans les esprits qu’elle a longtemps été véhiculée par les fabricants de produits phytosanitaires. Le message était clair : désherber c’est agir pour le bien, c’est une lutte pour la propreté et la beauté des espaces verts et des jardins, une résurgence de ce vieux combat mené par l’humanité contre une nature hostile pour s’élever au sommet de la chaîne alimentaire.

Pourtant comme nous l’a enseigné lors de la Journée Zéro phyto, l’Association L’Ortie, cette flore spontanée est loin d’être néfaste. Au gré d’une balade dans le parc du Lycée Charlemagne, nous avons appris à reconnaître quelques plantes et leurs nombreuses vertus. Ainsi, tout comme son voisin le pissenlit, les jeunes pousses de plantain sont un vrai délice en salade. En infusion elles s’avèrent un très bon remède contre la toux. Enfin, il suffit de frotter une feuille de plantain sur une piqure ou une écorchure pour en apaiser la douleur. Autant de remèdes aux petits maux de tous les jours seront susceptibles de fleurir bientôt dans nos rues sans pesticides.

Peu gourmandes en eau, ces plantes pionnières peuvent même être du plus bel effet ; la bourrache est non seulement très jolie avec ses fleurs bleues duveteuses mais elle s’avère être un bon répulsif contre les limaces, d’autres comme le trèfle blanc ou le thym rampant améliorent sensiblement la qualité du sol et forment un beau tapis végétal.

Alors, il est plus que temps de réhabiliter la flore spontanée et de changer notre regard sur cette végétation loin d'être de la mauvaise graine!