lundi 16 novembre 2015

Journée Zéro Phyto : Anticipons l'interdiction de pesticides dans les espaces verts



En dépit de l'annulation des Rencontres Naturalistes pour cause de deuil national, la protection de la biodiversité et de l'environnement continue au CFPPA des Pays d'Aude avec la Journée Zéro-phyto sur son site de Carcassonne au Lycée Charlemagne :

Le Mercredi 16 décembre 2015


L'agroécologie est devenue au fil des années un thème central et fédérateur pour les différents centres composant l'Établissement Public d'Enseignement Agricole de Carcassonne. Le CFPPA des Pays d'Aude anime des sessions de formation pour l'obtention du Certiphyto, forme agriculteurs, jardiniers et personnels des collectivités territoriales aux pratiques alternatives, comprend dans sa carte un certificat de spécialisation à l'agriculture biologique. 

L'exploitation agricole du lycée Charlemagne est quant à elle un terrain précieux d'expérimentation où enseignants, élèves et organismes partenaires mettent en œuvre et observent des pratiques favorisant la biodiversité, réduisant l'utilisation des produits phytosanitaires et préservant la ressource en eau.

Le 16 décembre, au lycée Charlemagne, l'agroécologie sera à l'honneur au travers de deux volets : l'accompagnement des collectivités territoriales vers l'objectif du zéro phyto et la communication autour des actions menées avec comme support l'exploitation pédagogique. Elle sera réalisée dans le cadre d'Ecophyto, le plan national de réduction des produits phytosanitaires et dans le cadre du réseau régional des CFPPA. 

Trois années durant, des journées de sensibilisation ont été organisées à destination du grand public. Cette fois, la manifestation est destinée en priorité aux décideurs et aux acteurs des collectivités territoriales pour partager avec eux un état des lieux des pratiques et des enjeux puis présenter des initiatives, des techniques, des équipements pour mieux faire face au défi fixé. 

En effet, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a fixé l'échéance de l'interdiction des pesticides dans les espaces verts publics au 1er janvier 2017. Les collectivités, petites ou grandes, sont confrontées à cet impératif conjugué à la préoccupation de préserver la qualité de la ressource en eau, notamment des zones de captage. 

Au travers des formations dispensées par le CFPPA des Pays d'Aude, le constat met en relief à la fois les efforts réalisés par les communes et les communautés de communes et les difficultés auxquelles elles sont confrontées pour prendre en compte les enjeux environnementaux, sociétaux et réglementaires.

Réduire l'usage des produits phytosanitaires, veiller à l'amélioration de la qualité de l'eau, est un défi partagé par tous. Allier témoignages d'acteurs, démonstration de matériels par des fournisseurs et présentation des projets réalisés sur les thèmes de la qualité de l'eau et de la biodiversité; permettra de le montrer concrètement. 

L'enseignement agricole se mobilise pour l'agroécologie et le développement durable . Le 16 décembre à Charlemagne, ce sera l'occasion de le montrer, de le partager et de voir comment il peut accompagner les collectivités territoriales dans les changements de pratiques à venir et en cours.

Pour plus d'informations : contactez Estelle Escoubet au 04 68 119 119 
ou par mail : cfppa.pays-d-aude@educagri.fr

Consultez le programme complet de la manifestation

samedi 14 novembre 2015

Signature de la convention entre la Chambre d'Agriculture et le CFPPA



Au fil des années, les coopérations se sont développées entre la Chambre d'Agriculture et le CFPPA. Lundi 2 novembre, lors de la Commission Emploi-Formation de la Chambre d'Agriculture, une convention a été signée, une nouvelle étape dans une collaboration riche de projets.




Cette convention est une formalisation de ce qui existe déjà depuis quelques années. L'accompagnement à l'installation autour des stages 21 heures et des plans de professionnalisation personnalisés ont tissé des liens entre les deux structures. En 2010, l'expérimentation du certiphyto, la certification pour l'utilisation des produits phytosanitaires, a offert un nouvel élan au travail commun. Le nombre d'agriculteurs à former a placé comme une évidence une organisation commune pour répondre au défi. Le CFPPA de Castelnaudary et la MSA ont été associés pour offrir une réponse de qualité sur tout le territoire audois. Depuis, l'organisation perdure.

Les rencontres, les réalisations ont permis de mieux connaître les compétences des uns et des autres. Aujourd'hui, des conseillers de la Chambre d'Agriculture interviennent sur des thèmes techniques comme l'irrigation ou les pulvérisateurs dans des formations du CFPPA et inversement. Une formatrice en maraîchage a apporté son expertise pour une étude préalable à la création d'un espace-test. Une autre forme des conseillers à l'animation de formations. Ensemble, ils conçoivent et animent des formations pour les néo-exploitants agricoles. Les stagiaires en BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d'Exploitation Agricole) viennent à la Chambre d Agriculture pour prendre contact avec les différents services qui les aideront dans la concrétisation de leurs projets.

L'installation en agriculture a évolué avec l'entrée dans le dispositif d'accompagnement d'un nouveau public, non éligible aux aides destinées aux jeunes agriculteurs, avec souvent un projet de reconversion, de seconde carrière professionnelle. L'importance de la stratégie, de la gestion, de la commercialisation implique de proposer des formations adaptées pour favoriser une installation pérenne. Les deux structures construisent et animent de conserve des actions adaptées aux nouvelles réalités, aux attentes et aux contraintes des agriculteurs en place ou en devenir. La formation « chiffrer son projet » est un bel exemple de ce partenariat créatif. Axée sur la gestion, la prise en compte des coûts et des produits du projet d'installation, les projections en fonction d'hypothèses, elle propose l'utilisation d'une application créée par un formateur du CFPPA, des apports théoriques par des conseillers de la Chambre d'Agriculture et des formateurs, une partie à distance avec un accompagnement individualisé. Cette expérimentation réussie appelle d'autres développements, d'autres actions de formation en cours de conception commune. Les services administratifs travaillent ensemble aussi pour créer des documents de communication, commercialiser les actions de formation, partager des données.


Un partenariat actif est une affaire humaine nourrie d'expériences réussies, de confiance réciproque, du plaisir à travailler ensemble et d'un objectif partagé : celui d'accompagner le mieux possible l'agriculture audoise. Le travail commun entre les deux structures semble naturel pourtant, dans le paysage de la formation éminemment concurrentiel, il se distingue par le choix d'une coopération où chacun apporte ses compétences pour progresser ensemble, s'adapter aux nouvelles donnes, aux nouveaux publics.

La vivacité de ces collaborations a été soulignée par les signataires de la convention, entourés de Marie-Hélène Forrest, Directrice Générale de la Chambre d'Agriculture et Monique Royer, Directrice du CFPPA. Henry Garino, Président du Conseil d’Administration de l'EPLEFPA de Carcassonne a mis en relief la présence réaffirmée des représentants de la profession dans les instances de l'établissement d'enseignement. Michel Bouttier, Directeur de l'EPELFPA et proviseur du Lycée Charlemagne a rappelé qu'une convention cadre liait les deux structures englobant l'apprentissage, les expérimentations avec l'exploitation de Charlemagne et les lycées. Philippe Vergnes, Président de la Chambre d'Agriculture, quant à lui s'est félicité des cette collaboration riche en initiatives.
En ce lundi matin, le CFPPA des Pays d'Aude et la Chambre d'Agriculture ont ainsi scellé formellement leur partenariat. Et dans l'assistance, on percevait bien que de nouvelles idées de coopération allaient naître et se concrétiser pour rajouter au fil de l'année des réalisations à la convention.

vendredi 13 novembre 2015

Réhabilitation de la Mare de Charlemagne


A l'occasion des 3emes Rencontres Naturalistes de l'Aude qui se dérouleront ce week-end au Lycée Charlemagne, nous revenons sur les actions menées en faveur de la biodiversité au sein de l'EPLEFPA de Carcassonne.

La mare de Charlemagne

La qualité et la gestion de l’eau est un enjeu majeur dans la protection de l’environnement et de la biodiversité. C’est donc tout naturellement que Mr Christian Rapez a eu l’idée de réhabiliter la mare attenante aux serres du Lycée Charlemagne avec ses élèves des filières « Gestion et Protection de la Nature » et « Sciences et Techniques de l’Agronomie et du Vivant ».

Tout commença en 2008 par une expertise naturaliste afin de dresser un état des lieux de la mare. La qualité de l’eau fut passée au crible et l’on inventoria la faune et la flore aquatiques et celle des abords de la mare. En dépit d’une eutrophisation avancée, la biodiversité était au rendez-vous. Cependant, le surplus de matière organique faisait un barrage à la lumière et fermait trop le pourtour du point d’eau qui finirait par s’asphyxier faute d’un renouvèlement satisfaisant d’eau et d’oxygène.

Curage de la mare à la pelle mécanique
Les élèves de la filière Gestion des Milieux Naturels et de la Faune du Lycée Martin Luther King furent mis à contribution. Ils ont procédé à l’élagage et au tronçonnage de la végétation environnante sous la responsabilité de leur professeur Yves Lecarrerès.

Une fois les abords de la mare dégagés, il a fallu procéder au curage. Il fut réalisé pendant l’année scolaire 2010-2011 par l’entreprise Cucuyère avec un budget de 6000 € alloué par le programme Lycée 21 auquel participe l’EPLEFPA de Carcassonne. Ainsi, la mare fut complètement vidée et on put s’apercevoir que son fond était bâti. Il s’agirait là d’un ancien bassin de rétention. Cependant malgré les études des agents du cadastre et de l’historien Mr Bonnery, son origine reste inconnue mais la construction aurait assurément plusieurs siècles.

Au final c’est 300 m3 de boue qui furent enlevés à la pelle mécanique et étalés dans les champs en dessous alors gérés par l’Exploitation Agricole du lycée. Cela permettait de fertiliser les terres. Ainsi après le curage, la mare avait retrouvé un diamètre de 22 mètres pour une profondeur de 2m au bord à 3m au centre.

Cette opération a permis de mieux contrôler la Myriophile verticillée, une espèce végétale invasive dont le développement est très difficile à endiguer. Depuis, un raclage régulier de la surface par les personnels de la serre et les élèves suffit à la contenir.

Depuis ce nettoyage, la mare est devenue le dernier endroit en vogue pour les coléoptères aquatiques et la batrachofaune. Ainsi crapauds communs et crapauds calamites partagent les lieux avec un complexe de grenouilles vertes/grenouilles rieuses. Pour éviter la surpopulation le triton palmé très friand de têtards est revenu s’installer. Tandis qu’au printemps 2015, nous avons accueilli Pascaline, notre canne colvert et sa portée.

Plus rare, cette année nous avons été honorés par le passage d’une tortue Emyde Lépreuse , le reptile le plus protégé de France.
Agrion de Mercure

Aux abords de la mare, pousse à présent l’Apium nodiflorum , une espèce d’ombellifère qui offre aux libellules un habitat idéal ! C’est donc avec une grande joie qu’au printemps dernier nous avons vu batifoler au dessus de l’eau, l’Agrion de Mercure. Ces demoiselles irisées sont un indicateur précieux sur la qualité de l’eau. D’ailleurs, depuis la réhabilitation de la mare, chaque année, Mr Rapez et ses élèves procèdent à une analyse physique et chimique de l’eau sur une quinzaine de paramètres (température, Ph, phosphate, fer, nitrate…). Les relevés ont montré une eau de bonne qualité. Une bonne nouvelle lorsqu’on sait que la Mare de Charlemagne est un bassin de rétention connecté à la trame bleue par le Béal.

En protecteur de la biodiversité, nous avons résisté l’envie d’introduire dans la mare des poissons car pour une espèce introduite, une centaine d’espèces pourraient disparaitre.

Aujourd’hui, par souci de préservation du site, l’eau de la mare n’est pas utilisée pour l’arrosage des serres et des terrains environnants.

Enfin, il serait pertinent d’analyser les résidus de produits phytosanitaires dans l’eau afin de juger de l’impact des traitements faits en amont, mais ces examens sont malheureusement trop onéreux pour le moment.

jeudi 12 novembre 2015

La faune et la flore audoise s'invitent au Lycée agricole Charlemagne de Carcassonne

L'éducation au développement durable et à la préservation de la biodiversité sont des notions clés de l'enseignement agricole et chaque entité de l'EPLEFPA s'applique à transmettre ces valeurs aux futurs acteurs du monde agricole aussi bien dans les classes qu'en pratique sur l'exploitation du lycée Charlemagne. C'est donc tout naturellement que le Lycée de Charlemagne accueille pour la troisième année consécutive :

Les 3emes Rencontres Naturalistes

du Samedi 14 au dimanche 15 novembre  


L’événement initié en 2013 pour les 20 ans de la Ligue de Protection des Oiseaux de L'Aude par l'association ornithologique et la Fédération Aude Claire a rencontré depuis sa création un franc succès.

Chaque année c'est l'occasion pour les passionnés de faune et de flore de se retrouver autour des thèmes naturalistes qui leur sont chers. Un week-end dédié à la nature mélangeant subtilement science, éducation à l'environnement, art et débat, le tout placé sous le signe de la convivialité.

Les plus chevronnés trouveront sans aucun doute leur bonheur dans les thématiques abordées au cours des diverses conférences et projections (faune et flore du littoral, faune et flore de montage, les impacts du réchauffement climatique sur la biodiversité…)

Pour les néophytes, petits et grands des ateliers seront proposés pour apprendre en s'amusant à protéger la biodiversité au quotidien (construction de nichoir ou d'abris à insecte, formation aux premiers soins à la faune sauvage….) Le lycée proposera des initiations à la dégustation de vin car si les crus sont si différents c'est aussi un peu grâce à la diversité des cépages !

Pour plus d'informations sur le programme de ces 3 jours où l'environnement sera à l'honneur un peu plus que d'habitude au Lycée Charlemagne passez sur le site officiel de la 3eme Rencontre des Naturalistes de l'Aude




 

Favoriser les auxiliaires de cultures



A l'occasion des 3emes Rencontres Naturalistes de l'Aude qui se dérouleront les 14 et 15 novembre 2015 au Lycée Charlemagne, nous revenons sur les actions menées en faveur de la biodiversité au sein de l'EPLEFPA de Carcassonne.


Préserver la biodiversité, une autre façon de protéger les cultures


L'hôtel à insectes de Charlemagne, un hébergement 4 étoiles pour nos auxiliaires de cultures


Avec les objectifs du plan écophyto, on parle aujourd’hui plus volontiers d’Agroécologie que simplement d’Agriculture. Pour réduire les intrants et ainsi respecter les ressources en eau et l’environnement, il est nécessaire de protéger et de favoriser l’implantation des auxiliaires, animaux en général et insectes en particulier, prédateurs des ravageurs de cultures.

C’est dans cet esprit que le CFPPA des Pays d’Aude avait participé en 2013-2014 à l’action « Jardiner le Naturel » pilotée par la DRAAF Languedoc-Roussillon pour sensibiliser les écoliers et le grand public aux pratiques alternatives dans leur jardin tant sur Narbonne que sur Carcassonne. Dans ce cadre, notre expert du Zero-phyto Walid Choucair a animé plusieurs ateliers ludiques pour mieux connaitre et protéger ces insectes qui nous veulent du bien. Il est en effet très simple et peu onéreux de fabriquer un abri à insectes à disposer dans un coin tranquille et à l’abri du vent.

L’affaire est beaucoup plus compliquée lorsqu’il s’agit de poser des nichoirs pour chauves-souris…

Depuis peu, l’EPLEFPA de Carcassonne et le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes se sont associés pour mieux comprendre le rôle d’auxiliaire que jouent les populations de lépidoptères nocturnes sur les cultures.

Voraces, les chauves-souris se délectent des carpocapses et des tordeuses de la vigne qui ravagent chaque année les plantations de la région.


Dénombrer les chauves souris avec la Bat-box

Le lycée s’est équipé d’une bat-box, un engin captant les ultra-sons générés par les chauves-souris. Chaque espèce s’exprimant sur une fréquence qui lui est propre, il est ainsi possible d’inventorier les populations présentes sur l’exploitation agricole de Charlemagne. L’été dernier, les élèves du BTSA Gestion et Protection de la Nature sont donc partis de nuit pour pister les chauves-souris. Cet inventaire a montré qu’il y avait majoritairement des Pipistrelles communes et des Pipistrelles de Kuhl sur les lieux répartis sur une vingtaine de foyers.

Ce travail de recensement, nous a permis de délimiter des emplacements stratégiques pour poser une dizaine de nichoirs aux abords du lycée Charlemagne et une dizaine d’autres disséminés sur les parcelles de l’exploitation basées sur Cazaban.

Ces travaux ont fortement intéressé le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes avec qui l’établissement va collaborer en vue du financement d’une nacelle qui permettra l’installation de ces vingt nichoirs. En parallèle, le C T I FL mène une analyse très poussée du guano dans le but d’évaluer l’utilité des lépidoptères en tant qu’auxiliaires de cultures. Un projet à suivre…

Non contents de chercher à favoriser l’installation des chauves-souris sur le Lycée Charlemagne, les BTSA GPN avec leur professeur Mr Christian Rapez sont partis faire un recensement sonore de la faune sur la Forêt de La Prade et des Martys afin de dresser un inventaire des arbres gîtes pour une coupe de bois raisonnée.